• Chapitre 1

     

               Thranduil siégeait sur son trône, comme à son habitude, et avait fermé les yeux depuis un moment déjà lorsqu’il entendit au loin une petite patrouille de ses elfes revenir au pas de course au sein du palais. Ils ne tarderaient sans doute pas d’arriver à sa rencontre.
    Il ouvrit ses yeux bleus azur, toujours aussi vifs et perçants, et admira une dernière fois le silence et la beauté de la salle. Le bois de l’arbre royale avait toujours été splendide mais il s’avouait qu’il manquait de vie depuis quelques années. Son ancien Vert-Bois-Le-Grand était devenu une forêt sombre, remplie de créatures démoniaques qu’il n’appréciait guère, mais heureusement pour son royaume les troupes du nécromancien n’avait jamais osé l’attaquer.
    Il était devenu roi, après la mort de son père Oropher, mais prématurément. Il avait accéder au trône comme un enfant à qui on avait rien réellement demandé auparavent, s’était marié à une femme charmante qu’il avait perdu ensuite le laissant seul, lui et son fils.
    Depuis la bataille des Cinq armées à la Montagne Bleue, son fils était parti à la recherche d’Aragorn et l’avait laissé complétement seul à présent. C’était incroyablement frustrant.
    Il était un très jeune elfe encore, et pourtant il était déjà monarque. Il aimait cette fonction, car il aimait son peuple mais il s’ennuyait. Il avait envie de vivre, de connaître l’aventure et la joie. Toutes ces choses qu’il n’avait jamais pu faire encore.
    Et il était là, comme un vieux roi, alors qu’il avait l’énergie du très jeune adulte qu’il était.
    Il respira profondément, sentant la colère monter en lui, faisant légèrement trembler ses mains.
    - Votre Majesté, l’interpella la voix du capitaine Danjil, nous aimerions vous faire un rapport.
    Le jeune roi se tourna vers lui, posant des yeux froids et attentifs sur lui, et lui fit signe de parler.
    - Nous avons tué une dizaine d’araignées géantes ce matin, cependant nous avons remarqué que leurs proies étaient plutôt… inhabituelles.
    Thranduil haussa un sourcil, intrigué par les propos de son capitaine.
    - C’est-à-dire, lui incita-t-il à continuer, je suppose que vous ne venez pas me faire un rapport sur les plats horribles de ces vilaines créatures ?
    Son ton était froid. En fait, la plupart des elfes du Palais n’avait pas entendu parler leur roi autrement. Toujours sec, rigide, et vif. Le capitaine baissa un peu les yeux, intimidé par le jeune monarque.
    - Excusez- moi mon Seigneur, dit-il, mais les proies des araignées étaient des orcs.
    - Combien étaient-ils ?
    - Une vingtaine, mon Seigneur.
    Thranduil fit quelques pas pour réfléchir. Il avait une manière extrêmement séduisante et discrète de marcher. Ses pas étaient légers, si légers que l’on entendait seulement les joyeux bruits de la cascade au loin qui traversait le palais.
    - Savez-vous pourquoi s’étaient-ils aventurés dans nos contrées ? demanda-t-il enfin.
    - Non, Seigneur, mais il semblait à la poursuite de quelqu’un.
    - Quelqu’un ? répéta Thranduil qui n’aimait pas le peu d’information qu’ils présentaient.
    Toute la troupe parut soudain gênée, comme indignée par quelque chose qu’ils n’avaient pas réussi à faire.
    - Ce n’était pas une créature de l’ombre mon Seigneur, ses pas étaient rapides et fluides. Il ne peut s’agir d’autres nains ou d’humains.
    En bref, soit il s’agissait de quelqu’un de très malin, soit il s’agissait d’un elfe. D’après ce qu’il savait, aucun elfe n’était sorti la nuit dernière, comme toutes les nuits d’ailleurs.
               Soudain il sentit une ombre se faufiler entre les murs. Son corps frissonna tellement il ne s’y attendait pas, d’habitude il sentait à des kilomètres la présence de personne se dirigeant vers lui. Hors là, il ne voyait rien et n’avait rien vu. Il plissa les yeux pour se concentrer. Des titillements de clochettes.
    - Vous avez entendu ? demanda-t-il en regardant partout autour de lui.
    Les gardes firent un non de la tête. Le gazouille des oiseaux et les bruits de l’eau redevinrent un instant normal.
    Puis, le titillement des clochettes résonna encore une fois discrètement dans les oreilles du jeune elfe.
    Tout se passa alors dans un millième de seconde.
    Une ombre tourna autour d’eux, à une vitesse ahurissante, et chaque garde qui tentait de la frapper fut désarmé en un rien de temps et mis à terre. L’ombre se faufilait entre les jambes des plus grands et sautait au-dessus des plus petits comme s’il s’agissait d’un simple jeu.
    Puis elle s’arrêta. Là, d’un seul coup devant le puissant et jeune seigneur qui avait déjà sorti ses dagues et qui la regardait de ses yeux bleus perçants.
    Elle était plutôt petite de taille et très mince, de longs cheveux d’un étrange blanc platine retombaient sur ses épaules, lisses et soyeux. Les yeux bleus azurs perçants rencontrèrent alors les yeux rouges rubis de la jeune fille. Il était sûr d’y avoir vu une violence inouïe danser dans ses pupilles qui disparut laissant seulement place à une dureté glacée.
    - Qui êtes-vous, et que voulez-vous ? demanda-t-il tout aussi stoïque que la jeune fille.
    Celle-ci le regarda un moment, comme si elle cherchait à lire en lui, pour savoir si les informations qu’elle lui transmettrait seraient gardées par un être digne de confiance. Son visage s’adoucit alors, et Thranduil se rassura un peu.
    Elle relâchait sa garde.
    Puis son visage redevint d’un froid glacial et elle prit une grande inspiration. Pas si idiote que ça, finalement.
    - Je m’appelle Salania, je suis désolée pour cette entrée fracassante mais vous ne m’auriez pas laissé entrer autrement.
    L’elfe fronça les sourcils. Effectivement s’était ce qu’il aurait fait, elle lui avait donc forcé la main.
    - Que voulez-vous au juste ? Une chose qui m’appartient ? fit-il d’un ton détaché et las.
    Salania sourit. Et ses yeux s’adoucirent une nouvelle fois. Et c’est à ce moment que le jeune roi vit l’immense fatigue dans ses yeux. Elle semblait soudain plus proche de lui, ce qui le distrayait un instant.
    - Je…
    Elle vacilla quelque peu, puis se repris lorsqu’elle sentit les elfes non armés bouger derrière elle. Thranduil leur fit alors signe de ne pas bouger. Elle déposa toutes les armes qu’elle avait récolter devant lui pour finir :
    - J’aimerais seulement qu’on me soigne, pour que je puisse partir le plus rapidement possible s’il vous plait.
    Puis elle s’effondra.


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