• Chapitre 21

     

                La pluie inondait le jardin ce jour-là. Les nuages gris semblaient si lourds qu’ils paraissaient pouvoir vous tomber dessus. Lucie avait les yeux rivés sur chaque gouttelette coulant sur les grandes baies vitrées du salon, se tenant debout et vérifiant avec minutie chaque détail de ces manches. On lui avait ramené de Londres une incroyable et magnifique robe noire aux reflets verts scintillants, semblant ressurgir d’une époque lointaine. La robe avait un air gothique du XIXème, une longue jupe bouffante et lourde, un étrange corsage qui laissait apparaitre un dos dénudé, et de longues manches scintillantes jusqu’au bout de ses doigts.
    La jeune vampire tournoya un instant sur elle-même pour tenter d’admirer la tenue dans sa globalité : elle aussi semblait sortir d’une autre époque. Un silence de plomb régnait dans l’immense maison, les jumeaux et Dylan étaient partis en avance la laissant seule, ce qui n’était pas arrivé depuis très longtemps. Tout semblait vide. Elle profita du calme et du cliquetis de la pluie pour faire le vide dans son esprit.
    Elle plaça ses mains devant elle : une boule de feu et une boule d’eau apparurent devant elle. Elle referma ses paumes, faisant disparaître ses étranges créations élémentaires, et laisser retomber ses bras.
    - Tu devrais te détendre, fit une voix derrière elle.
    C’était Dylan, qui était revenu la chercher pour la « Cérémonie de Reconnaissance » qu’avait organisé Fletcher pour la faire reconnaître en tant qu’héritière de la famille Ameth.
    Lucie laissa tomber sa tête en arrière, secouant légèrement sa crinière blonde et bouclée tressée pour l’occasion, et soupira d’un ton las.
    - Je suis parfaitement détendue, opposa la jeune fille. Simplement… extrêmement fatiguée.
    - Dans ce cas…, fit le jeune vampire en se rapprochant d’elle.
    Il lui tendit la main délicatement, et Lucie remarqua alors à quel point il était élégant et impressionnant dans son costume noir et ses longs cheveux blonds tressés où reposaient de magnifiques petites fleurs de cerisiers –ce qui était curieux pour la saison. La jeune fille accepta sa main.
    A peine eu-t-elle le temps de soupirer, qu’un incroyable souffle sembla l’emporter dans le vide. Puis lorsqu’elle sentit revenir sur terre, retrouvant un équilibre et la gravité terrestre, elle ne put échapper un petit cri de surprise. Elle cligna plusieurs fois des yeux : elle était en pleine rue d’un vieux Londres enneigé.
    Elle replaça la capuche de sa robe comme lui conseilla Dylan et continua son chemin, dans de petites rues sombres qui lui étaient alors inconnues.
    - Nous avons transplanés, l’informa le jeune homme. Tu as de la chance, la plupart des vampires vomissent lors de leur premier transplanage.
    Lucie afficha un sourire quelque peu victorieux.
    Soudain, ses yeux s’écarquillèrent d’émerveillement : autour des réverbères de petites créatures ailées luminescentes de toutes les couleurs. La jeune vampire rapprocha leva sa main, et quelques-unes vinrent s’amuser à glisser entre ses doigts.
    - Ce sont des fées, déclara son ami.
    - Elles sont… magnifiques, soupira Lucie.
    Ils continuèrent leur chemin, jusqu’au fond d’une petite ruelle qui donnait sur un mur de pierre semblant être un vestige d’une étrange muraille médiévale cernée par deux gargouilles de pierre. Le jeune vampire fit apparaître un magnifique sceptre de bois taillé dans sa main gauche et frappa trois le sol à un rythme plus ou moins régulier. L’imposant vestige sembla alors trembler et s’écarta peu à peu pour laisser place à une immense porte. Les deux gargouilles bougèrent alors à leur tour, remuant leurs ailes. L’immense porte s’entrouvrit.
    La jeune vampire attrapa le bras de son acolyte et ils entrèrent dans ce gouffre sombre qui s’était présenté à eux. Décidément, les vampires aimaient les lieux sombres et intimidants : quelle morbidité ! Ils avancèrent un long moment dans le noir, puis des millions de petites lanternes rouges s’allumèrent tour à tour faisant apparaître un long couloir sans fin et sans aucune porte.
    - Hiiii ! cria de surprise Lucie.
    Devant elle, un petit être vert aux oreilles pointues et à la peau ridée était apparu sans crier gare. Il tirait sur son manteau, sans dire un mot, et la jeune fille ressentit de la pitié et du dégoût envers l’étrange créature.
    - Donne-lui ton manteau, dit Dylan. C’est un gnome, il est comme ses semblables au service des vampires.
    La jeune vampire s’exécuta délicatement en caressant la tête de la créature qui parue flattée par ce geste et quelque peu surprise. Donc il existait une hiérarchie des races dans le monde des vampires : cela lui déplaisait énormément.
    Dylan fit un geste envers le gnome qui obéit à cet ordre silencieux en tirant sur une étrange manivelle de bois décorée d’un magnifique rubis qu’il fit apparaître. Aussitôt, un miroir fit sa apparition, puissante, dominante et merveilleusement sculpté. A travers le miroir, Lucie distinguait une étrange petite pièce sombre ouverte sur ce qui ressemblait à une étrange salle de balle sortie tout droit d’une autre époque. Lorsque la jeune vampire passa doucement sa main sur le miroir, celui-ci se mit à bouger comme si elle avait effleuré l’eau d’un lac. Une musique sembla s’échapper un instant du miroir.
    Puis sans réfléchir une seconde de plus elle traversa le miroir, en fermant les yeux, accompagnée encore une fois d’une étrange sensation de vide, suivie de près par Dylan. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle se retrouva dans la petite salle sombre qu’elle avait aperçue, éclairée par quelques lanternes, et vit Aron et Byron, larges sourires aux lèvres comme à leur habitude.
    L’un d’eux massa les épaules de la jeune vampire.
    - Bon alors surtout : garder son calme, expliqua Dylan. Une bonne trentaine de vampires alphas vont t’observer ce soir et attendront avec impatience le moindre faux pas.
    - Merci, soupira Lucie, je n’avais pas assez de pression comme ça ! Vous ne me laisserez pas toute seule, au moins ? 
    Les garçons la regardèrent, gênés. Aron se tortillait, mais la jeune fille ne pouvait discerner s’il se retenait de rire ou s’il était réellement gêné.
    - Je suis désolée, fit Dylan, mais l’on m’attend autre part. J’ai reçu une convocation.
    - Et vous ? demanda Lucie aux jumeaux.
    Arone et Byron sifflotèrent innocemment. Lucie leva les yeux au ciel puis les trois vampires disparurent.
    - Bon d’accord,… j’ai compris !
    La jeune alpha redressa la tête, vérifia un instant que sa robe, encombrante bien que magnifique, était parfaite et traversa la petite salle vers l’ouverture qui donnait sur la salle de balle. Elle se rapprocha des rideaux, et que ne fut pas sa surprise : la salle était grandiose.
    Des millions de lustres imposants planaient bien au-dessus des danseurs, le plafond semblable à lui d’une cathédrale était si haut que l’on peinait à distinguer sa limite, et des millions de vitraux, de tapisseries et de lanternes décoraient l’ensemble. Mais il n’y avait pas que la salle qui était impressionnante, ceux qui l’occupaient également.
    Des vampires, généralement grand et impressionnant. Tous d’une beauté surnaturelle. Les tenues des dames, très colorées et très imposantes démontraient l’existence d’une certain concurrence entre elles et les hommes, bien que plus sobres dans les couleurs, étaient parés de bijoux plus précieux les uns que les autres. Lucie se rendit alors compte que bien que sa robe lui semblait imposante et surchargée lui avait été dans un seul but : marqué la sobriété et la puissance de son sang en présentant sa différence. Ce n’était pas avec une tenue impressionnante qu’elle se ferait remarqué, mais avec sa sobriété.
    Même ses bijoux paraissaient sobres face aux millions de joyaux dorés de l’assemblée. Elle portait de nombreuses bagues argentées, comme à son habitude, sans oublier son inséparable bague armure et de sobre boucle d’oreilles argentées : était-elle venue pour un combat de métaux et de couleurs ?
    Soudain, elle sentit le regard d’un vampire peser sur elle. Elle ne réfléchit pas et leva les yeux dans la direction qu’elle pressentit : un vampire, grande et imposant aux cheveux longs et blonds, sans doute un alpha vu la position des autres vampires qui l’accompagnaient. Lui aussi la regardait, de ces yeux d’un vert luisant et sévère. Lucie aurait pu tenir un duel de regard interminable mais elle préféra jouer l’indifférente et tourna la tête en reculant un peu dans la petite salle sombre et en se cachant derrière l’un des rideaux.
    Elle sentit alors une main se poser autour de sa taille et son corps se tendit.
    - On ne recule pas, susurra une voix de velours qu’elle connaissait bien.
    - Où étais-tu depuis tout ce temps, Ian ? demanda-t-elle d’une voix plus dure.
    Elle sentit les mains du jeune vampire monter vers son cou, et quelque chose de glacé le parcouru. Il lui accrochait un étrange collier qui serra sa gorge aux fils de cuirs et orné d’une étrange pierre violette. Une améthyste.
    - En mission, finit par répondre Ian. J’ai eu quelques contres-temps,… des comptes à régler avec d’anciennes connaissances.
    Lucie qui scrutait toujours la salle sentit le jeune vampire se placer à ses côtés et lui présenter son bras qu’elle accepta. Tout dans les gestes des gens semblaient ressurgir d’un XVIIIème siècle oublié.
    Sans prévenir, Ian les fit avancer, les faisant sortir de leur cachette. De nombreux regards se tournèrent vers eux, et Lucie dut lutter pour que ses joues ne rosissent pas.
    - Lève la tête, lui dit Ian qui avait baissé le son de sa voix.
    La jeune alpha s’exécuta sans broncher, repris un air sérieux et ignora les regards intimidants de leurs observateurs.
    - Apprend à observer la salle comme tout bon alpha, continua Ian. On doit sentir rien que dans tes pas et dans ton aura ta domination, ta supériorité de sang.
    - Comment puis-je les observer si je ne puis les regarder directement ? grogna la jeune fille.
    - Rien ne t’en empêche mais ne baisse jamais le regard en premier. L’autre manière est bien plus simple pour toi, tous les vampires de ton rang ont cette étrange faculté de pouvoir voir sans leurs yeux. Utilise ton ouïe également.
    Ils marchaient d’une manière très harmonieuse, et la jeune fille serrait si fort la main du jeune homme que cela le fit sourire : elle était tendue. Il émit un petit sifflement pour lui faire comprendre de détendre ses épaules.
    Lucie écoutait attentivement les vampires qui les observaient et de nombreuses dames semblaient soient choquées, soit admiratives. Elle entendait parfois des vampires faire des remarques déplaisantes au sujet de son compagnon mais aussi de la jeune fille.
    - Tu n’as pas l’air de faire l’unanimité, fit remarquer Lucie à Ian.
    - Je suis un chasseur, dit Ian. Mon métier est respecté, même par les plus dangereux vampires alphas de ton espèce, mais je reste un vampire inférieur. Le fait d’être à tes côtés montre que je suis un de tes subordonnés mais je ne devrais pas te faire ainsi escorte. Ce n’est pas dans les coutumes.
    Elle remarqua alors un mouvement rapide vers sa gauche : le vampire alpha de tout à l’heure. Il s’était levé et l’observait maintenant d’un œil plus attentif.
    - Vos codes et coutumes ont le don de m’agacer, fit remarquer Lucie d’un ton las.
    La jeune vampire s’arrêta et se rapprocha encore plus du jeune homme, ce qui le surprit, ainsi que la plupart des vampires qui ne cessaient de jacasser.
    - Puisque l’on m’a fait venir ici pour me présenter, annonça-t-elle, autant leur montrer que je ne prêterais pas à leur petit jeu de hiérarchie.
    Elle l’entraina alors vers le centre de la salle où déjà plusieurs vampires dansaient la valse. En se tournant vers le jeune vampire, elle s’aperçut qu’elle ne l’avait pas regardé une seule fois depuis qu’il était arrivé.
    Son costume noir, semblable à celui de son frère, lui donnait une taille très mince et athlétique et ses cheveux blonds décoiffés comme à leur habitude faisaient ressortir encore plus ses yeux d’un bleu azur aussi clair que celui d’un ciel de printemps.
    Quand ils commencèrent à danser, la musique avait changée. La valse avait laissé place à des violons très baroques sur une musique calme et posée. Comme lui avait appris les jumeaux, elle exécuta la danse avec chacun de ses gestes millimétrés. Elle se contentait surtout de suivre au mieux Ian, qui l’emportait avec force à chaque virage, sentant sa magnifique robe tournoyer et lui donnant une sensation de liberté et de légèreté.
    Cependant, elle ne pouvait s’empêcher de se sentir épier, et cela était un poids sur ces épaules.
    - Qui est cet homme qui ne cesse de nous observer ? demanda Lucie.
    - Lequel ? ricana Ian. Il y en a tellement, tu attires un peu trop les regards à mon goût !
    Lucie leva les yeux au ciel.
    - Grand, blond et barbu, yeux verts luisants, qui se tient glorieusement pour montrer sa supériorité, lui décrit-elle.
    Soudain, elle s’aperçu en observant le visage de son ami, que tout sourire avait disparu. Il semblait si perturbé par l’homme qui maintenant observait non plus la jeune alpha mais bien Ian, qu’il faillit en perdre le rythme de la danse.
    - Ne t’en approche pas, finit par déclarer Ian en la faisant tournoyer pour s’écarter délicatement de la piste de danse.
    Les deux jeunes gens s’arrêtèrent, un peu essoufflés. Ian ne quittait pas des yeux cet homme qui semblait particulièrement s’intéresser à lui.
    La jeune fille contrariée qu’il ne réponde pas à sa question, lui pinça légèrement le bras.
    - Réponds-moi !
    - Le Comte Alban, soupira-t-il, un vampire alpha très puissant non seulement par ses capacités mais aussi par son influence. Ne t’approche pas de lui.
    - Et qu’a-t-il donc de si dangereux ? continua Lucie indifférente à la crainte du jeune homme.
    - C’était…, commença Ian avant de se corriger. C’est un vampire qui maîtrise le sang de autrui, c’est un pouvoir très rare et surtout très dangereux. Ne t’ap…
    -… proche pas de lui, j’ai compris ! le coupa Lucie. Il semblerait cependant que ce ne soit pas moi qui m’approche.
    En effet, la jeune fille avait raison au grand regret de Ian. Le Comte Alban, marchait vers eux avec une élégance et une posture imposante. Les vampires qui l’entouraient semblaient soudain plus captivés encore par les deux jeunes vampires. Lucie ne cessait de le regarder avec attention mais son regard semblait plus se tourner vers Ian qui se frottait un peu trop les avants bras.
    Cela piqua la curiosité de la jeune fille qui se tourna à nouveau vers le garçon et lui fit relever discrètement les manches de sa chemise noire moulante.
    Ian se débattit un moment, mais Lucie était têtue et réussit à parvenir à ses fins. Lorsque les manches furent suffisamment relevées, elle put remarquer de grandes cicatrices qui réapparaissaient au fur et à mesure que le Comte s’avançait vers eux.
    - Je croyais que les vampires cicatrisaient vite, se rappela Lucie.
    - Certaines ne peuvent toujours s’effacer à mon grand regret, dit Ian qui souffrait mais qui essayait de ne rien laisser paraître.
    Lucie l’avait compris, le Comte n’y était pas pour rien. Elle se remit à regarder le vampire qui avançait sans prendre le soin d’éviter les danseurs et qui s’amusait à torturer le jeune vampire avec son monstrueux regard. Elle ne savait pas quel lien les réunissait tous les deux, mais cela ne lui plaisait que trop peu.
    - Lorsqu’il arrivera baisse légèrement ta tête, fit Ian entre deux grincements de dents. Tu marqueras ton respect.
    - Non.
    Ian écarquilla les yeux. Comment ça non ? Il la regarda de haut en bas et remarqua que les yeux de son amie luisaient à nouveaux de leur couleur si particulière.
    - Il semblerait que je sois moi aussi une alpha, je ne vois pas en quoi je lui serais inférieure, s’expliqua la jeune fille d’un ton calme.
    Soudain les cicatrices du jeune vampire se mirent à saigner si rapidement et si fortement, qu’elles semblaient avoir éclatées.
    - Votre chien de garde serait-il blessé, Mademoiselle ? demanda narquoisement  une voix lourde grave qui appuyait les majuscules au ton de sa voix.
    Le Comte Alban était arrivé près d’eux, suivis de vampires aux sourires nerveux et détestables. Lucie avait oublié que le statut de Ian en tant que vampire béta et chasseur de vampire le mettait à une position bien inférieure des alphas, ainsi fut-elle surprise de voir son ami baisser légèrement la tête en guise de respect, ce qui lui permit de faire disparaître ses blessures. Lucie, elle, ne baissa pas le regard et au contraire l’appuya suffisamment pour distinguer de la contrariété dans le regard de l’alpha
    - Il semblerait qu’il ait été victime de gamineries Monseigneur, répliqua platement Lucie.
    - Ne vous en faites pas pour lui, continua-t-il, il doit être habitué à ce genre de gamineries  comme vous le dîtes. Après tout, …
    Soudain, l’homme sentit une douleur sur sa joue et ressentie du sang couler légèrement sur sa joue. Surpris par la douleur, il s’était arrêté de parler et regardait à présent la jeune et magnifique vampire qui se tenait devant lui : c’était elle, elle qui avait fait cela, or à ce jour il n’y avait que lui qui pouvait contrôler le sang.
    - Il est vrai, fit-elle avec un étrange sourire carnassier, que seuls les chiens méritent de telles gamineries, principalement ceux aux pouvoirs insignifiants.
    L’imposant vampire la regarda avec attention. Elle l’insultait publiquement et ses crétins de vampires qui le suivaient s’étaient tus eux aussi de surprise. La jeune vampire était d’une beauté peu commune : un crinière d’un blond platine bouclée et tressée, un visage fin et un corps petit mais très athlétique et surtout des yeux d’une couleur si singulière et d’une intensité si forte qu’elle lui faisait violence.
    Le comte ne recula pas néanmoins, et Lucie sentait bien qu’il essayait de contrôler son sang et de lire en elle, mais elle ne se laissait pas faire.
    Ian la regardait avec admiration, un sourire en coin, cette fille était plein de surprises ! Il se remit plus droit et présenta son bras à la jeune fille qui le prit avec grâce pour s’appuyer légèrement.
    - Damoiselle Ameth, je suppose, déclara le joueur de sang. Il est si rare de trouver une alpha de réelle puissance et si jeune.
    - Moi-même, sourit-elle. Il est bon que ma personne et ma puissance soit ainsi reconnue avant même la cérémonie durant laquelle je serais jugée. Je suis vraiment désolée Monseigneur, mais votre nom m’échappe.
    Ian en était maintenant sûr : ce n’était pas simplement sa défense qu’elle prenait, elle attaquait et fort ! Elle s’amusait à jouer avec les nerfs du Comte Alban et l’affichait ouvertement. La jeune vampire semblait au combien plus dangereuse que la majorité des plus vicieux présents ici, et au combien plus violente. Elle n’était pas une Ameth pour rien.
    - Comte Alban, se présenta-t-il en lui faisant un baisemain mais regardant Ian narquoisement qui ne bronchait pas.
    Il n’arrivait plus à toucher son sang, étrange. Quels étaient donc les pouvoirs de cette jeune vampire ?
    - Mm…, fit-elle. Jamais entendue parler, je suis enchantée !
    Son sourire était si magnifique et resplendissant que le comte semblait complètement désarçonné. Elle fit légèrement tournoyer sa splendide robe qui fit pâlir de jalousie les vampires qui assistaient à la scène, choquées.
    Soudain des trompettes retentirent et tous les danseurs s’arrêtèrent. Dylan apparut de l’autre côté de Lucie et remarqua le visage presque livide du comte qu’il salua rapidement.
    - Il est temps pour nous d’y aller, la cérémonie va commencer, dit-elle à Lucie et à son frère.
    Lucie s’agrippa aux bras des deux vampires et tourna les talons.
    La cérémonie s’annonçait mouvementée.

     
      
      


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